ERCI · Élément 8
ERCI élément 8 : dérivés
L'élément 8 représente environ 6 des 110 questions de l'ERCI. Les options et les autres dérivés, leurs utilisations, les règles des comptes de dérivés et trois questions pour vous tester.
L'élément 8 représente environ 6 des 110 questions de l'ERCI, selon la pondération indicative du programme. Son titre est Dérivés. Il porte sur les principaux contrats dérivés, leurs utilisations et les règles applicables aux comptes de dérivés des clients.
Ce que l'examen évalue
Selon le programme de l'examen, vous devez connaître :
- les principales caractéristiques des options (options d'achat et options de vente, de type américain et de type européen) et des contrats à terme standardisés, des contrats à terme de gré à gré, des swaps et des contrats sur différence ;
- les utilisations de base des dérivés : opérations de couverture, négociation spéculative et opérations d'arbitrage ;
- les éléments transactionnels de base des contrats à terme standardisés et des options, comme la prime, la marge, l'évaluation à la valeur marchande et l'effet de levier ;
- les différences entre les marchés des dérivés cotés et les marchés des dérivés négociés de gré à gré ;
- les stratégies de négociation à un ou plusieurs volets, des stratégies haussières et baissières aux stratégies liées aux écarts et axées sur la volatilité ;
- les exigences administratives de la négociation de dérivés avec les clients, et les pratiques interdites de négociation de dérivés.
Source : Programme de l'ERCI (OCRI, janvier 2025), résultats d'apprentissage 8.1 à 8.8.
Les notions clés, en langage clair
1. Les options : un droit pour le porteur, une obligation pour le vendeur
Comme tout dérivé, une option tire sa valeur d'un sous-jacent, par exemple une action ou un indice. Elle donne à son acheteur, le porteur, un droit, mais non une obligation : une option d'achat est le droit d'acheter le sous-jacent au prix d'exercice pendant une période donnée (le moment où elle peut être exercée dépend de son style) ; une option de vente est le droit de le vendre à ce prix. Le porteur paie une prime. Celui qui vend l'option, le vendeur (signataire), reçoit la prime et assume l'obligation : si une option sur actions à règlement physique est exercée, le vendeur est assigné et doit vendre (option d'achat) ou acheter (option de vente) les actions au prix d'exercice.
Sur l'option elle-même, le porteur ne peut perdre plus que la prime payée. Pour le vendeur, les pertes peuvent dépasser la prime reçue ; la vente d'options à découvert exige une marge. Une option de type américain peut être exercée à tout moment jusqu'à sa date d'expiration inclusivement, une option de type européen seulement à l'expiration. En général, toutes choses égales par ailleurs, un délai d'expiration plus long et une volatilité plus forte font augmenter la prime des options d'achat comme des options de vente.
2. Contrats à terme standardisés, contrats à terme de gré à gré, swaps et contrats sur différence
- Les contrats à terme standardisés obligent les deux parties à régler le contrat à un prix fixé aujourd'hui, à une date future, par livraison ou en espèces. Ils sont normalisés, négociés en bourse et compensés par une chambre de compensation.
- Un contrat à terme de gré à gré crée le même type d'obligations, mais c'est généralement une entente privée, négociée de gré à gré, aux modalités personnalisées, généralement réglée à l'échéance.
- Un swap permet d'échanger une série de flux de trésorerie calculés sur un montant notionnel, par exemple des intérêts à taux fixe contre des intérêts à taux variable.
- Un contrat sur différence est une entente de gré à gré conclue avec un courtier sur la variation du prix d'un sous-jacent ; le client ne détient jamais le sous-jacent.
La marge sur un contrat à terme standardisé est un dépôt de garantie que versent les deux parties, et non un acompte, et les positions font chaque jour l'objet d'une évaluation à la valeur marchande. D'où l'effet de levier : avec une marge de 5 000 $ sur une position acheteur de 100 000 $ en contrats à terme standardisés, une baisse de 1,5 % du prix du contrat entraîne une perte de 1 500 $, soit 30 % du dépôt initial. Sur un contrat à terme standardisé, le client peut perdre plus que le montant déposé.
3. Couverture, spéculation et arbitrage
Ce qui compte, c'est l'exposition existante ou prévue de l'intervenant.
- Les opérations de couverture réduisent le risque d'une position détenue ou prévue. La couverture vendeur (vente de contrats à terme standardisés ou achat d'options de vente) protège contre une baisse ; la couverture acheteur (achat de contrats à terme standardisés ou d'options d'achat), contre une hausse. Une couverture coûte généralement une prime, ou les gains auxquels on renonce.
- La négociation spéculative consiste à prendre un risque de prix pour profiter d'une variation de prix prévue ; l'effet de levier attire les spéculateurs vers les dérivés, et ils apportent de la liquidité.
- Les opérations d'arbitrage consistent à acheter là où un prix est bas et à vendre là où il est élevé, en même temps, pour profiter d'un écart de prix, sans prévision sur la direction.
4. Dérivé coté ou négocié de gré à gré ?
| Dérivés cotés (négociés en bourse) | Dérivés négociés de gré à gré | |
|---|---|---|
| Modalités | Normalisées par la bourse | Négociées entre deux parties ; elles peuvent être personnalisées |
| Risque de contrepartie | Faible : une chambre de compensation (la CDCC au Canada) garantit l'exécution | Plus élevé pour les contrats bilatéraux : chaque partie dépend de l'autre |
| Sortie d'une position | Généralement une opération de sens inverse sur le marché | Généralement seulement avec la même contrepartie, ce qui peut être difficile avant l'échéance |
5. Les stratégies de base, en mots
Les résultats s'entendent à l'expiration, sans tenir compte des courtages, des frais ni des dividendes.
- Haussière : l'achat d'une option d'achat. Une option d'achat de 50 $ achetée 2 $ atteint le seuil de rentabilité à 52 $ par action (prix d'exercice plus prime) ; l'acheteur ne peut perdre plus que les 2 $.
- Baissière : l'achat d'une option de vente. L'image inverse, avec une perte limitée à la prime.
- Productrice de revenus : la vente d'options d'achat couvertes. L'actionnaire vend une option d'achat, conserve la prime et accepte un prix de vente plafonné au prix d'exercice.
- Écart : l'écart haussier sur options d'achat. Acheter une option d'achat et vendre une option d'achat à prix d'exercice plus élevé, avec le même sous-jacent, la même expiration et le même nombre de contrats : un coût réduit, pour un profit plafonné.
- Neutre ou axée sur la volatilité : l'option double, une option d'achat et une option de vente ayant le même prix d'exercice et la même date d'expiration. Le vendeur gagne si le cours reste près du prix d'exercice ; l'acheteur a besoin d'une variation supérieure à la somme des deux primes, dans un sens ou dans l'autre.
6. Les comptes de dérivés et les pratiques interdites
Avant la première opération sur dérivés d'un client, le courtier doit :
- obtenir une demande d'ouverture d'un compte de dérivés remplie et une convention de négociation de dérivés signée (pour un client institutionnel seulement, une lettre d'engagement peut la remplacer) ;
- remettre au client la version la plus récente du document d'information sur les risques liés aux dérivés (pour un client de détail, avant d'accepter son premier ordre sur dérivés, avec un accusé de réception) ;
- consigner l'approbation écrite du Surveillant désigné, qui vérifie si les risques des stratégies que le client entend utiliser lui conviennent.
Une convention de compte sur marge signée précède l'ouverture d'un compte sur marge ; les comptes carte blanche et les comptes gérés exigent leur propre convention.
L'examen des opérations par le courtier doit relever, notamment, les opérations effectuées pendant que le compte accuse une insuffisance de marge, les opérations effectuées au-delà des limites de marge ou de crédit et les pertes cumulatives dépassant les limites de risque : des pertes qui dépassent la limite des pertes cumulatives autorisée pour le client. Cette limite s'applique aux comptes qui négocient des produits à fort effet de levier, comme les contrats à terme standardisés, sauf les comptes de couverture.
Trois distinctions importantes à comprendre
- Le porteur et le vendeur. Le porteur a un droit et paie la prime ; le vendeur a une obligation et la reçoit.
- Les contrats à terme standardisés et de gré à gré. Les deux obligent les deux parties ; les premiers sont normalisés et négociés en bourse, un contrat de gré à gré type est personnalisé et privé.
- L'opérateur en couverture, le spéculateur et l'arbitragiste. Le premier réduit le risque d'une exposition existante ou prévue, le deuxième prend un risque pour profiter d'une prévision, le troisième profite d'un écart de prix.
Testez-vous : 3 questions
Questions originales CIROPrep, dans le style de l'examen.
1. Un client a vendu un contrat d'option de vente sur les actions de DEF (100 actions) dont le prix d'exercice est de 40 $. À l'expiration, DEF se négocie à 35 $ ; l'option est exercée et le client est assigné. Que doit faire le client ?
- a) Vendre 100 actions de DEF à 40 $ chacune
- b) Acheter 100 actions de DEF à 35 $ chacune
- c) Acheter 100 actions de DEF à 40 $ chacune
- d) Rien : le vendeur conserve la prime et n'a plus aucun rôle
Réponse
c) Le vendeur d'une option de vente qui est assigné doit acheter les actions au prix d'exercice. L'option a) est l'obligation du vendeur d'une option d'achat ; b) retient le cours du marché au lieu du prix d'exercice ; d) est fausse : une fois assigné, le vendeur doit s'exécuter ; la prime rémunérait l'obligation qu'il a prise.
2. Un investisseur achète une option d'achat de 40 $ à 1,50 $ et une option de vente de 40 $ à 1,00 $ sur la même action, avec la même date d'expiration. Sans tenir compte des courtages, des frais ni des dividendes, où l'action doit-elle se trouver à l'expiration pour qu'il réalise un profit ?
- a) Sous 37,50 $ ou au-dessus de 42,50 $
- b) Sous 38,50 $ ou au-dessus de 41,50 $
- c) Entre 37,50 $ et 42,50 $
- d) Au-dessus de 42,50 $ seulement
Réponse
a) L'option double coûte les deux primes, soit 2,50 $ ; l'action doit donc s'éloigner de plus de 2,50 $ de 40 $, dans un sens ou dans l'autre. L'option b) ne compte que la prime de l'option d'achat ; c) est la fourchette où le vendeur de l'option double réaliserait un profit ; d) ne tient pas compte de l'option de vente.
3. Le compte de contrats à terme standardisés d'un client (qui n'est pas un compte de couverture) a une limite des pertes cumulatives de 30 000 $ pour la vie du compte et a perdu 26 000 $. Il a la marge requise et respecte sa limite de crédit. Une nouvelle position perd ensuite 5 000 $. Quelle pratique l'examen du courtier doit-il relever ?
- a) Les opérations effectuées pendant que le compte accuse une insuffisance de marge
- b) Les opérations effectuées au-delà des limites de marge ou de crédit
- c) Aucune, car une limite pour la vie du compte n'est vérifiée qu'une fois par année
- d) Les pertes cumulatives dépassant les limites de risque
Réponse
d) Les pertes cumulatives atteignent maintenant 31 000 $, au-delà de la limite de 30 000 $. Les options a) et b) ne conviennent pas : la marge et le crédit respectent leurs limites. L'option c) est fausse : la limite fixée pour la vie du compte est confirmée chaque année auprès du client ; l'examen du courtier doit quand même relever les pertes qui la dépassent.
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À lire ensuite : l'élément 6, intégrité du marché, exécution des opérations et règlement et l'élément 3, étendue des relations avec les clients.
